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Fiche arbre

L’amandier : conseils de plantation, de culture et de taille

Prunus dulcis

Amandier (Prunus dulcis) : floraison de janvier, cloque et feuilles boursouflées, sécheresse, vieux sujets creux de l’arrière-pays.

Amandier : plantation, culture et taille

Beaucoup d’amandiers du département sont des survivants. Les anciennes plantations de l’arrière-pays ont été abandonnées il y a longtemps, et ce qu’il en reste tient encore debout au bord des restanques, entre deux oliviers, tronc gris et fendu, houppier à moitié sec. Ce sont ces arbres-là qui nous valent le plus d’appels, bien avant les jeunes sujets décoratifs plantés récemment pour la floraison.

Il fleurit le premier

Rien d’autre ne fleurit ici en janvier. Les fleurs blanc rosé sortent sur le bois nu, avant la moindre feuille, souvent dès la deuxième quinzaine du mois sur les versants sud du littoral, un peu plus tard en montant vers l’arrière-pays. C’est spectaculaire et c’est aussi un pari : à cette date, une seule vague de froid ou une semaine de pluie battante suffit à emporter la floraison, et l’année sera blanche côté récolte.

Les feuilles arrivent ensuite, allongées, étroites, finement dentées, d’un vert un peu terne. Le fruit n’est pas la coque : c’est une drupe à enveloppe verte et veloutée, qui se fend en séchant vers la fin de l’été et libère le noyau qu’on casse pour l’amande.

Un arbre qui préfère avoir soif

C’est probablement l’essence fruitière la mieux adaptée à nos étés. Enracinement profond, tolérance au calcaire, indifférence aux cailloux : sur un coteau sec où plus rien ne veut prendre, l’amandier s’installe. Ce qu’il ne pardonne pas, c’est l’inverse, un terrain lourd où l’eau reste, et un arrosage automatique qui l’asperge tout l’été alors qu’il n’en demande pas.

Les deux ou trois premiers étés après plantation demandent quand même de l’eau, en apports rares et abondants plutôt qu’en petites doses fréquentes, pour envoyer les racines chercher en profondeur. Passé ce cap, on le laisse. Choisissez son emplacement définitivement : plein soleil, à l’écart de l’ombre portée d’un mur ou d’un grand persistant, et à une distance de la clôture compatible avec les règles rappelées sur notre page réglementation et obligations d’élagage.

La cloque et les feuilles boursouflées

Au printemps, des feuilles épaissies, gaufrées, cloquées, virant au rouge puis tombant : c’est la cloque, un champignon qui touche aussi cette espèce et qui frappe d’autant plus fort que le printemps a été frais et pluvieux. Un jeune arbre qui perd son feuillage deux ou trois printemps de suite s’épuise réellement. Ramasser les feuilles atteintes plutôt que les laisser au pied reste la mesure de bon sens, et une pousse d’été saine indique en général que l’arbre s’en remet.

Surveillez également les amandes momifiées restées accrochées après la récolte : les décrocher à l’automne réduit ce qui hiverne dans l’arbre. Enfin, la gomme qui perle sur une branche, sans être propre à cette essence, signale un bois blessé et vaut un coup d’œil, comme sur la fiche du cerisier.

Une taille sobre

L’amandier n’aime pas les interventions lourdes. Il produit sur des rameaux de l’année précédente et sur de courts bouquets qui portent plusieurs années : les raser en taillant trop court supprime la récolte pour deux saisons. On se limite donc à ouvrir le centre, retirer le bois mort et les branches qui se gênent, et raccourcir ce qui part à l’horizontale et finira par casser sous le poids.

La fenêtre la plus prudente vient après la récolte, en fin d’été et début d’automne, avant les pluies. Les coupes de gros diamètre se referment mal sur cette essence et se colonisent vite : mieux vaut plusieurs passages légers qu’un chantier tous les dix ans. Voir la taille d’arbres fruitiers.

Les vieux sujets

Un amandier ancien a souvent le tronc creux, des charpentières écorcées et un bois devenu cassant, qui rompt net sans prévenir sous un coup de vent. On peut prolonger ces arbres longtemps en les allégeant, en réduisant les bras les plus lourds et en gardant ce qui est encore vivant, mais il arrive un point où l’ancrage ne suit plus. S’il surplombe un accès, une terrasse ou un stationnement, l’abattage d’arbres devient la réponse raisonnable, complété par le dessouchage si vous voulez replanter au même endroit.

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